Et si, la prochaine fois que vous aviez besoin d’une nouvelle paire de chaussures ou d’un cadeau de dernière minute, vous vous contentiez de le dire à une intelligence artificielle, sans jamais ouvrir vous-même un site marchand ? C’est la promesse du commerce agentique, un modèle en pleine accélération depuis le début de l’année 2026, porté par des géants du numérique qui s’affrontent déjà sur ce nouveau terrain.
Des agents IA qui achètent à la place des internautes
Le principe est simple sur le papier : l’utilisateur exprime un besoin en langage naturel à un agent d’intelligence artificielle, qui recherche les produits correspondants, compare les offres, puis exécute la commande après validation. Deux standards concurrents structurent aujourd’hui ce marché naissant. L’ACP (Agentic Commerce Protocol), publié par OpenAI et Stripe, permet un paiement directement intégré à une conversation ChatGPT, avec des partenaires comme Walmart, Target, Etsy ou encore un grand nombre de marchands Shopify. En face, Google et Shopify ont lancé en janvier 2026 l’UCP (Universal Commerce Protocol), pensé pour couvrir tout le parcours d’achat, de la découverte du produit jusqu’au service après-vente.
Perplexity a choisi une autre voie avec son navigateur Comet : un agent capable de naviguer lui-même sur des sites de e-commerce classiques, sans passerelle dédiée, pour comparer les prix et passer commande au nom de l’utilisateur.
Amazon contre Perplexity : une bataille judiciaire qui fait jurisprudence
Cette approche a directement opposé Perplexity à Amazon. Le géant américain avait envoyé, fin 2025, une mise en demeure exigeant le blocage de Comet sur son site, avant d’obtenir en mars 2026 une injonction préliminaire d’un tribunal de San Francisco. Amazon reprochait à l’agent IA de contourner ses protections techniques en se faisant passer pour un navigateur classique.
Coup de théâtre le 4 août 2026 : la cour d’appel fédérale du neuvième circuit a annulé cette injonction. Les juges ont estimé qu’Amazon n’avait pas démontré de violation du Computer Fraud and Abuse Act, considérant que ce sont les utilisateurs eux-mêmes, et non l’IA de Perplexity, qui accèdent aux pages protégées lorsqu’ils utilisent Comet. Perplexity peut donc, pour l’instant, continuer à faire naviguer et acheter son agent sur Amazon.
Des paiements repensés pour des acheteurs… non humains
Cette bataille illustre un enjeu plus large : toute l’infrastructure des paiements en ligne doit s’adapter à des transactions déclenchées par des logiciels et non plus directement par une main humaine sur un clavier. Les acteurs du paiement travaillent sur de nouveaux mécanismes de tokenisation et de portefeuilles délégués, une évolution du protocole 3D Secure pour les achats initiés par un agent, ou encore l’authentification par clé d’accès (passkeys), afin de sécuriser ces transactions sans intervention humaine directe à chaque étape.
En Europe, cette évolution est suivie de près par les autorités : les futurs achats délégués à une IA devront s’articuler avec les exigences de vérification d’identité (KYC), de lutte contre la fraude et avec le cadre réglementaire européen des paiements, actuellement en cours de refonte. Un chantier qui concerne directement les acteurs de la finance en ligne comme les grandes plateformes du numérique.
Ce que cela change concrètement pour les internautes
- Le rôle du comparateur de prix ou de l’avis client pourrait, à terme, être en partie repris par l’agent IA lui-même.
- La frontière entre navigation et achat automatisé s’efface, ce qui pose la question du consentement réel de l’internaute à chaque étape.
- Les marchands doivent désormais rendre leurs catalogues lisibles à la fois par des humains et par des agents logiciels, un enjeu technique nouveau pour les sites de commerce en ligne.
- Le contentieux Amazon-Perplexity montre que les rapports de force entre plateformes historiques et nouveaux venus de l’IA se jouent aussi devant les tribunaux.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le commerce agentique ?
C’est un modèle d’achat en ligne où un agent d’intelligence artificielle recherche, compare et commande des produits pour le compte d’un utilisateur, à partir d’une simple demande formulée en langage naturel.
Pourquoi Amazon s’opposait-il à l’agent IA de Perplexity ?
Amazon estimait que l’agent Comet contournait ses protections techniques en se faisant passer pour un navigateur classique afin d’accéder à des pages réservées aux utilisateurs connectés, sans passer par une intégration officielle.
Le commerce agentique est-il déjà disponible en France ?
Le déploiement reste concentré sur les Etats-Unis via ChatGPT, Perplexity ou les partenaires du protocole UCP. L’arrivée en Europe est anticipée mais suppose une adaptation aux règles européennes de protection des paiements et des données personnelles.
Sources
- La Revue du Digital — La justice annule l’interdiction de l’agent IA de Perplexity sur Amazon
- Siècle Digital — Perplexity remporte un procès majeur contre Amazon sur les agents IA
- Komission — Agentic Commerce : définition, fonctionnement et enjeux pour les paiements
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale