Entre la perte d’une exonération de cotisations pour l’aide à domicile et le renforcement de l’allocation destinée aux proches aidants, l’année 2026 redessine en profondeur le quotidien de millions de familles aidantes en France. Deux mesures, l’une défavorable, l’autre protectrice, se télescopent et méritent d’être décryptées.
Aide à domicile : la fin d’un avantage automatique pour les 70-79 ans
Jusqu’en 2025, tout senior employant directement une aide à domicile bénéficiait, quel que soit son niveau de dépendance, d’une exonération de cotisations patronales. Depuis le 1er janvier 2026, ce filet automatique se resserre : seules les personnes de 80 ans et plus continuent d’en profiter sans condition. Les 70-79 ans qui ne perçoivent ni l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) ni la Prestation de compensation du handicap (PCH), et qui ne passent pas par un service prestataire agréé, perdent l’avantage.
Concrètement, la facture peut grimper de 2,50 à 3 euros de l’heure, soit une soixantaine à une centaine d’euros de plus par mois pour un ménage qui fait intervenir une aide trois fois par semaine. Le texte à l’origine du changement, pris dans le cadre de la loi de finances 2026, vise à réaliser environ 100 millions d’euros d’économies en ciblant mieux un dispositif jusqu’ici jugé trop large par les pouvoirs publics.
Restent protégés : les bénéficiaires de l’APA ou de la PCH, les titulaires d’une carte mobilité inclusion avec un taux d’incapacité d’au moins 80 %, et les personnes qui passent par un service d’aide à domicile agréé plutôt que par l'emploi direct.
En miroir, l’AJPA se consolide pour les proches aidants
À l’inverse, l’Allocation journalière du proche aidant (AJPA), versée par les Caisses d’allocations familiales à ceux qui réduisent ou suspendent leur activité pour s’occuper d’un proche, conserve en 2026 des paramètres avantageux. Elle s’élève à 66,64 euros par journée complète et 33,32 euros par demi-journée, dans la limite de 22 jours par mois civil.
Chaque bénéficiaire ouvre droit à 66 jours d’allocation par proche accompagné, un compteur qui se recharge si l’on vient à aider successivement plusieurs personnes : un même aidant peut ainsi cumuler jusqu’à 264 jours sur l’ensemble de sa carrière, pour un maximum de quatre proches différents. Pour ouvrir ce droit, la personne aidée doit être classée en perte d’autonomie (GIR 1 à 4, bénéficiaire de l’APA), présenter un taux d’incapacité d’au moins 80 % ou percevoir la majoration pour tierce personne.
Autre différence de taille avec de nombreuses aides sociales : l’AJPA n’est soumise à aucune condition de ressources. Elle s’adresse aussi bien à un salarié qu’à un travailleur indépendant, dès lors qu’il justifie de la situation de son proche.
Ce que cela change pour les familles
Pour beaucoup de foyers, ces deux évolutions se cumulent : des grands-parents de 70-79 ans qui voient leur aide à domicile renchérir, et des enfants aidants qui peuvent, eux, s’appuyer sur une allocation plus lisible pour dégager du temps. Les associations spécialisées recommandent de vérifier en priorité l’éligibilité à l’APA, qui conditionne à la fois le maintien de l’exonération de cotisations et l’accès à l’AJPA.
- Vérifier si le proche âgé remplit les critères GIR 1 à 4 ou le taux d’incapacité de 80 %
- Comparer le coût réel de l'emploi direct et celui d’un service prestataire agréé, qui reste exonéré
- Se renseigner auprès de la CAF sur l’ouverture des droits à l’AJPA avant toute réduction d’activité
Retrouvez d’autres pistes pratiques dans notre rubrique Trucs – Astuces, ainsi que nos analyses Economie – Finance et Santé – Médical.
Questions fréquentes
Qui perd l’exonération de cotisations pour l’aide à domicile en 2026 ?
Les personnes de 70 à 79 ans qui emploient directement une aide à domicile sans percevoir l’APA ou la PCH, et sans passer par un service prestataire agréé.
Combien de jours d’AJPA un aidant peut-il obtenir ?
66 jours par proche aidé, dans la limite de 22 jours par mois, avec un compteur qui peut être rechargé pour accompagner jusqu’à quatre proches différents au cours d’une carrière.
Faut-il des conditions de ressources pour toucher l’AJPA ?
Non, l’allocation journalière du proche aidant est versée sans condition de ressources, à la différence de nombreuses autres aides sociales.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale