Depuis quelques mois, le petit logo coloré affiché sur les emballages a changé de calcul. Le nouveau Nutri-Score est désormais en vigueur en France, et il rebat les cartes dans les rayons : certains produits que l’on croyait vertueux perdent des lettres, d’autres remontent. Voici, concrètement, ce qui change dans votre caddie en 2026 et pourquoi.
Un nouvel algorithme entré en vigueur en mars 2025
La formule de calcul du Nutri-Score a été révisée par un comité scientifique regroupant plusieurs pays européens. En France, ce nouvel algorithme est juridiquement en vigueur depuis un arrêté signé en mars 2025. Son affichage reste toutefois facultatif : les marques qui utilisent le logo disposent d’une période de transition d’environ deux ans pour faire évoluer leurs emballages. Autrement dit, jusqu’en 2027, on peut croiser en rayon d’anciennes et de nouvelles notes pour un même type de produit.
Selon les analyses relayées par Open Food Facts, 30 à 40 % des produits voient leur note évoluer avec la nouvelle méthode. Un changement d’ampleur, qui explique pourquoi le sujet revient régulièrement dans l’actualité.
Qui gagne, qui perd des lettres ?
Le nouvel algorithme durcit surtout le traitement du sucre et du sel, et affine celui des matières grasses. Dans les grandes lignes :
- Les boissons : l’eau reste la seule boisson classée A. Les sodas « light » et boissons contenant des édulcorants sont rétrogradés (souvent d’un B vers une note comprise entre C et E).
- Les huiles végétales riches en bonnes graisses (colza, olive, noix) et certains poissons gras voient au contraire leur note s’améliorer.
- Le lait et les boissons végétales sont désormais mieux différenciés les uns des autres.
- Les produits très sucrés ou très salés sont plus sévèrement pénalisés qu’auparavant.
Conséquence pratique : un produit peut afficher une lettre différente de celle que vous aviez en tête, sans que sa recette ait forcément changé. Mieux vaut donc relire l’étiquette plutôt que se fier à sa mémoire.
Vers un affichage obligatoire ? Le débat de l’été 2026
Aujourd’hui, aucune marque n’est contrainte d’afficher le Nutri-Score. Mais la question de le rendre obligatoire revient dans l’actualité. Une proposition de loi transpartisane, déposée le 27 mars 2026, vise à imposer le logo sur les emballages et les supports publicitaires, avec une exception envisagée pour les produits sous label AOP, AOC ou IGP. Plusieurs sociétés savantes, dont l’Académie de médecine, soutiennent une pétition en ce sens.
En parallèle, le dispositif n’a pas été adopté de façon uniforme à l’échelle européenne, et certains industriels choisissent de retirer le logo de leurs produits lorsque la nouvelle note leur est moins favorable. Le Nutri-Score reste donc, à ce stade, un repère utile mais partiel : il évalue la qualité nutritionnelle globale, pas le degré de transformation ni la présence d’additifs.
Comment bien l’utiliser au quotidien
- Comparez des produits d’une même famille (deux céréales, deux plats préparés), pas un yaourt avec une pizza.
- Gardez en tête que l’absence de logo ne signifie pas « mauvais produit » : l’affichage est volontaire.
- Croisez le Nutri-Score avec la liste des ingrédients et le tableau nutritionnel pour une lecture plus complète.
Pour aller plus loin, retrouvez nos autres décryptages dans les rubriques Gastronomie – Alimentation, Santé – Médical et Economie – Finance.
Questions fréquentes
Le nouveau Nutri-Score est-il déjà sur tous les produits ?
Non. Le nouvel algorithme est en vigueur depuis mars 2025, mais les marques ont environ deux ans pour mettre à jour leurs emballages. En 2026, anciennes et nouvelles notes peuvent donc coexister en rayon.
Pourquoi un soda « light » est-il moins bien noté qu’avant ?
La nouvelle formule prend mieux en compte les édulcorants et le sucre des boissons. Résultat, les sodas édulcorés, autrefois parfois classés B, se retrouvent souvent entre C et E. Seule l’eau conserve un A.
Afficher le Nutri-Score est-il obligatoire en France ?
Non, il reste facultatif. Une proposition de loi déposée en mars 2026 cherche toutefois à le rendre obligatoire sur les emballages et les publicités, avec de possibles exceptions pour les produits sous label d’origine.