Retraite des parents de trois enfants : le bonus de 10 % pourrait disparaître

La majoration de retraite de 10 % accordée depuis des décennies aux parents ayant élevé au moins trois enfants pourrait bientôt appartenir au passé. Un rapport conjoint de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), remis en juin 2026 à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu, propose de remplacer ce bonus proportionnel par un forfait fixe de 125 euros par mois. Une réforme qui ferait des gagnants et des perdants selon le niveau de pension.

Un avantage historique remis en question

Depuis sa création, la majoration pour enfants fonctionne de la même façon dans le régime général comme dans la plupart des régimes de retraite : dès lors qu’un assuré a eu ou élevé au moins trois enfants, sa pension est automatiquement augmentée de 10 %. Concrètement, plus la pension de base est élevée, plus le gain en euros l’est aussi. C’est précisément ce mécanisme proportionnel que le rapport IGF-Igas juge inéquitable, puisqu’il profite mécaniquement davantage aux pensions les plus confortables.

Le sujet n’est pas isolé : il s’inscrit dans une réflexion plus large sur le soutien aux familles et aux seniors, dans un contexte où d’autres dispositifs, comme l’aide à domicile pour les seniors et l’AJPA, ont déjà été révisés cette année.

Un forfait de 125 euros au lieu du bonus proportionnel

La proposition centrale du rapport consiste à remplacer les 10 % actuels par une somme fixe de 125 euros mensuels, versée à tous les parents de trois enfants et plus, quel que soit le montant de leur pension. Selon les estimations transmises à Matignon, ce changement de calcul permettrait de dégager environ 1,1 milliard d’euros d’économies sur dix ans pour les régimes de retraite.

L’argument avancé est celui de la justice sociale : un forfait identique pour tous corrige le fait qu’aujourd’hui, deux retraités ayant eu le même nombre d’enfants touchent des montants très différents selon leur ancien niveau de salaire. Un sujet qui rejoint les préoccupations exprimées par certains aidants familiaux, déjà confrontés à des arbitrages financiers complexes autour de leurs proches âgés.

Des gagnants et des perdants selon le niveau de pension

Le rapport chiffre précisément l’impact du basculement vers un forfait unique :

  • Les 40 % de pensions les plus modestes verraient leur majoration augmenter, un forfait de 125 euros étant supérieur à 10 % de leur pension de base.
  • Les 20 % de pensions les plus élevées seraient perdantes, 10 % de leur pension représentant plus que les 125 euros forfaitaires.
  • Les foyers aux revenus intermédiaires verraient un effet globalement neutre, proche de l’équilibre entre ancien et nouveau calcul.

Une décision encore loin d’être actée

Interrogé sur ces conclusions, Bercy a salué un « travail de qualité », tout en rappelant que ce rapport « n’engage que ses auteurs » et ne préjuge en rien des décisions futures du gouvernement. Aucune date n’a été avancée pour une éventuelle intégration de cette mesure dans un futur texte budgétaire. Le sujet illustre néanmoins la manière dont les solidarités entre générations, du soutien aux enfants à l’accompagnement des seniors, sont scrutées de près pour équilibrer les comptes sociaux — un fil rouge que l’on retrouve aussi dans les réflexions sur la cohabitation intergénérationnelle entre seniors et plus jeunes.

Questions fréquentes

Qui est concerné par la majoration de 10 % actuelle ?

Tous les retraités, hommes et femmes, ayant eu ou élevé au moins trois enfants, dans le régime général et la plupart des régimes de retraite français, qui voient leur pension augmentée automatiquement de 10 %.

Le forfait de 125 euros est-il déjà en vigueur ?

Non. Il s’agit à ce stade d’une proposition contenue dans un rapport IGF-Igas remis en juin 2026 au Premier ministre. Le gouvernement n’a annoncé aucune décision ni aucun calendrier.

Qui serait gagnant et qui serait perdant avec cette réforme ?

Selon le rapport, environ 40 % des pensions les plus modestes gagneraient à ce nouveau calcul forfaitaire, tandis que les 20 % de pensions les plus élevées y perdraient, un forfait fixe rapportant moins qu’un pourcentage appliqué à une pension confortable.

Sources

CNewsBourse InsideCES de France

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Estelle Reynaud
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