Chaque année, des milliers de personnes tombent dans le piège d’une relation amoureuse entièrement fabriquée en ligne, avant de découvrir qu’elles ont été manipulées puis dépouillées. Les chiffres officiels sur l’arnaque sentimentale ne cessent de grimper, mais ils ne racontent qu’une petite partie de l’histoire : la plupart des victimes ne portent jamais plainte.
Des signalements en hausse, mais un chiffre qui ne dit pas tout
Selon les données de la police nationale, 3 400 signalements d’arnaques sentimentales ont été validés en 2024, un volume en progression constante depuis 2021. Ce chiffre ne reflète pourtant qu’une fraction de la réalité : les spécialistes de l’accompagnement des victimes estiment que seuls 5 à 15 % des personnes concernées déposent plainte. La honte, la peur du jugement de l’entourage ou le sentiment que la démarche ne mènera à rien expliquent ce silence massif, qui laisse la majorité des escroqueries invisibles dans les statistiques officielles.
Pour mieux repérer les signaux d’alerte avant qu’une relation en ligne ne tourne à l’arnaque, un précédent article explique comment reconnaître les premiers indices d’une manipulation sentimentale.
Ce que révèle le dernier rapport de Cybermalveillance.gouv.fr
Le rapport d’activité 2025 de la plateforme publique Cybermalveillance.gouv.fr, publié en mars 2026, donne une idée de l’ampleur du phénomène : plus de 5,1 millions de visiteurs uniques et 504 000 demandes d’assistance ont été enregistrés sur l’année, un niveau resté élevé après le bond de 91 % observé entre 2022 et 2023. Les arnaques affectives et financières liées aux rencontres en ligne figurent parmi les motifs de saisine qui progressent le plus, aux côtés du phishing classique.
Ces faux profils s’appuient de plus en plus sur des photos et des discours générés ou retouchés par intelligence artificielle, un phénomène détaillé dans cet article consacré aux faux profils IA sur les applications de rencontre et les réseaux sociaux.
Pourquoi les victimes se taisent
Les associations d’aide aux victimes identifient plusieurs freins au signalement : la honte d’avoir été trompé malgré sa vigilance, la crainte d’être jugé « naïf » par son entourage, la complexité perçue des démarches judiciaires, et parfois l’espoir — entretenu par l’escroc jusqu’au dernier moment — que la relation était malgré tout sincère. Ce silence a un coût collectif : moins de signalements, c’est moins de données pour adapter la réponse policière et moins de dissuasion pour les réseaux de fraudeurs, souvent organisés depuis l’étranger.
Les réflexes recommandés avant et après une rencontre en ligne
- Vérifier l’identité de son interlocuteur avant de s’engager émotionnellement, en s’appuyant sur les outils de vérification d’identité désormais proposés par les applications de rencontre
- Ne jamais envoyer d’argent, de codes de carte bancaire ou de photos compromettantes à une personne rencontrée uniquement en ligne
- Se méfier d’une relation qui s’intensifie anormalement vite, avec des déclarations d’amour en quelques jours
- Signaler tout profil suspect directement sur la plateforme et sur Cybermalveillance.gouv.fr, même sans avoir perdu d’argent
- En parler à un proche avant toute décision financière : un regard extérieur repère souvent ce que la victime ne veut pas voir
Questions fréquentes
Pourquoi si peu de victimes d’arnaques sentimentales portent-elles plainte ?
La honte, la peur d’être jugé et le sentiment que la plainte n’aboutira à rien sont les freins les plus souvent cités par les associations d’aide aux victimes, bien avant la complexité réelle des démarches.
Que faire si l’on soupçonne une arnaque sentimentale en cours ?
Il faut cesser tout envoi d’argent, conserver les échanges comme preuves, signaler le profil à la plateforme concernée et se rapprocher de Cybermalveillance.gouv.fr ou d’un commissariat, même en cas de doute simple.
Les nouvelles technologies permettent-elles de repérer ces arnaques plus tôt ?
Certaines applications intègrent désormais des vérifications d’identité biométriques et des outils de détection de contenus générés par IA, mais aucun système n’élimine totalement le risque : la vigilance personnelle reste la meilleure protection.
Sources
Rapport d’activité 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr
Generali — Danger des sites de rencontre : les précautions à prendre
Comparerencontre.com — Comparatif des options de sécurité sur les applis de rencontre en 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale